Au vu de la situation économique et des signes d'effondrement du marché immobilier, la Banque de France a accepté à titre exceptionnel de réajuster le taux d'usure chaque mois au lieu de chaque trimestre. Cette mesure qui prendra effet le 1er mars devrait se terminer le 1er juillet, le temps que la situation immobilière se porte mieux et que les taux immobiliers aient cessé de grimper. Le taux d'usure est le taux maximum auquel une banque peut prêter de l'argent pour un achat immobilier. Il est aujourd'hui de l'ordre de 3.57 % pour les prêts immobiliers de 20 ans et plus. Ce taux effectif global comprend les frais d'assurance, les frais de dossier, de garantie, mais aussi éventuellement les frais de courtage. Fixé par la Banque de France, le taux d'usure permet de protéger les emprunteurs d'un éventuel surendettement en empêchant les banques de proposer des taux trop élevés. Or, dans le cas où les taux flambent, comme c'est le cas en ce moment dans le contexte d'inflation toujours très marquée, ne pas réajuster le taux d'usure bloque le marché immobilier en empêchant les acquéreurs d'obtenir leurs prêts. Les courtiers appellent ce phénomène l'effet "ciseaux". En mensualisant le taux d'usure, la Banque de France devrait débloquer le marché de l'immobilier : les banques pourront à nouveau répercuter les diverses hausses financières sur leurs taux et permettre aux ménages les plus modestes d'obtenir leurs prêts.